Dans nos sociétés, la mort n’est pas seulement un moment de deuil.
Elle est aussi devenue, au fil du temps, un espace de démonstration sociale, de rivalité silencieuse et parfois de pression financière insupportable pour les familles. C’est cette dérive que les évêques de la province ecclésiastique de Ouagadougou qui regroupe Ouagadougou, Manga, Ouahigouya et Koudougou ont eu le courage de regarder en face.
La décision prise en novembre 2023 par l’épiscopat de ne plus rendre obligatoires les « deuxièmes funérailles » est bien plus qu’une simple réforme liturgique. C’est un acte pastoral, social et profondément évangélique. Dans l’attente de sa mise en œuvre officielle, cette décision a été rendue publique le 8 février 2026 par Mgr Alexandre Bazié, à l’occasion des 25 ans de la création de la province ecclésiastique.
La foi n’a jamais été une compétition
Ce que les responsables de l’Église ont constaté est simple : les funérailles, censées être un moment de prière, de compassion et d’espérance chrétienne, étaient devenues, pour certains, une forme de compétition sociale.
Qui offrira la plus grande tente ? Le plus grand nombre de repas ? Le meilleur orchestre ? La foule la plus nombreuse ?
Dans cette course au « toujours plus », beaucoup de familles s’endettaient, vendaient leurs biens ou vivaient une double peine : la douleur du deuil et le poids financier des cérémonies. Or, la foi chrétienne n’a jamais été un concours de dépenses. Elle est un chemin de sobriété, de partage et de confiance en Dieu.
Revenir à l’essentiel
En rappelant que la messe de requiem célébrée le jour des obsèques suffit pour confier le défunt à la miséricorde de Dieu, les évêques remettent la prière au centre. La mort d’un chrétien est un passage, pas un spectacle.
Une décision qui protège les plus pauvres
Dans un pays où la majorité des familles vit avec des ressources limitées, cette réforme est aussi un acte de justice sociale. Elle protège les veuves, les orphelins et les familles modestes contre l’humiliation et l’endettement forcé.
Prier pour un défunt ne coûte pas cher. Aimer ne coûte pas cher.
Mais la surenchère, elle, coûte cher et détruit la paix.
Une Église fidèle à sa mission
En choisissant la voie de la simplicité, l’Église montre qu’elle ne cède ni à la pression sociale ni aux habitudes déformées par l’ostentation. Elle rappelle que la dignité d’un défunt ne se mesure ni au nombre de chaises, ni à la taille des marmites, mais à la prière et à l’amour qui l’accompagnent.
Cette décision, bien comprise, peut faire beaucoup de bien à nos familles, à nos paroisses et à notre société.
La vraie fidélité à nos morts, ce n’est pas de dépenser plus.
C’est de prier mieux.
Par Arnaud .T |Zoodomail.com
- Log in to post comments
