Le mardi 6 janvier 2026, Bazié a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour administration de substance nuisible à la santé et vol, faits reprochés au préjudice de Toro, rencontré lors d’un voyage en car.
Courant décembre 2025, lors d’un voyage à bord d’une compagnie de transport, Bazié sympathise avec ses co-voyageurs, dont Toro. À l’escale de Boromo, il offre une boisson à ce dernier. À l’insu de Toro, Bazié y introduit un comprimé.
Peu après l’absorption de la boisson, Toro est pris d’une somnolence inhabituelle. Bazié tente alors de le traîner pour reprendre le car. Alertés par ce comportement jugé suspect et par l’attitude de Bazié, qui semblait avoir l’habitude d’agir de la sorte avec des passagers, les agents de la compagnie signalent la police.
À la barre
Interrogé par le tribunal, Bazié peine à expliquer son geste.
— « Pourquoi avez-vous fait cela ? »
— « Je ne sais pas ce qui m’est arrivé, je ne comprends pas », répond-il.
À la question sur l’origine du médicament, il affirme qu’il lui aurait été prescrit à la suite d’un accident survenu il y a plusieurs années, pour soulager des douleurs et lutter contre la fatigue.
— « C’est ce médicament que j’ai mis dans le gobelet contenant la boisson que j’ai donnée à Toro », reconnaît-il.
Le tribunal insiste :
— « Était-il malade ? Vous l’a-t-il demandé ? »
— « Non », répond l’accusé, avant d’ajouter : « J’ai l’impression qu’on m’a jeté un sort. »
— « Quel sort ? »
Silence à la barre.
Il admet également ne pas connaître la victime avant ce voyage.
La version de la victime
À son tour, Toro explique :
— « Sur la route, il m’avait proposé à manger, j’ai refusé. C’est à Boromo qu’il m’a donné la boisson. Il n’a pas pu me dépouiller ni prendre mon argent. »
Les aveux
Face aux questions du procureur, Bazié reconnaît des faits plus graves :
— « Avez-vous déjà dépouillé d’autres personnes ? »
— « Au moins quatre personnes », avoue-t-il.
— « Pour quel montant ? »
— « Environ 360 000 FCFA. »
— « Et pour Toro, quelle était votre intention ? »
— « C’était pour voler son argent. »
Au titre des réclamations, Toro ne réclame aucun dédommagement.
Les réquisitions
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que Bazié s’est rendu coupable d’administration nuisible à la santé et de vol. Toutefois, concernant Toro, il s’agit d’une tentative de vol, l’infraction n’ayant pas été consommée.
Le procureur a requis une peine de vingt-quatre (24) mois de prison, dont douze (12) mois ferme, assortie d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs CFA, le tout avec sursis.
La défense
Pour l’avocat de Bazié, son client est un promoteur d’établissement scolaire, âgé de près de 50 ans, confronté à de nombreuses difficultés. Il évoque des croyances mystiques, affirmant qu’un sort aurait été jeté sur lui.
Concernant le médicament, la défense soutient qu’il s’agit d’un produit courant contre les douleurs et la fatigue, non nuisible à la santé :
— « La preuve, la victime est en vie et présente à l’audience », plaide l’avocat, qui sollicite la relaxe au bénéfice du doute, notamment pour les faits de vol non étayés par l’identification des autres victimes.
Le verdict
Dans son jugement rendu le 13 janvier 2026, le Tribunal a requalifié les faits de vol en tentative de vol, déclaré Bazié coupable des infractions retenues et l’a condamné à douze (12) mois de prison ainsi qu’au paiement d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs CFA, le tout assorti du sursis.
Le dernier mot du juge
Avant de lever l’audience, le juge adresse un dernier avertissement à Bazié, l’invitant à profiter de cette chance pour lutter contre le « sort » qu’il estime être à l’origine de ses problèmes et à ne plus revenir devant la justice.
Image illustrative
Par Zairr Sanffo | Zoodomail.com
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