Devant le Tribunal | Stellionat : revente frauduleuse d’un terrain à Pabré

Submitted by Redaction on
Image
stellionat

Le jeudi 8 janvier 2026, Compaoré a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de stellionat au préjudice de Ouédraogo.

 

Courant les années 2020 et 2021, Ouédraogo a acheté un hectare de terrain à Pabré auprès de Compaoré pour la somme de 1,5 million de FCFA. Quelques temps plus tard, un promoteur immobilier s’est intéressé à un site d’une superficie de plus de dix hectares, incluant le terrain acquis par Ouédraogo. La famille de Compaoré a alors décidé de vendre l’ensemble du site. Mais le promoteur s’est finalement désisté.

 

Par la suite, un homme d’affaires, informé de l’opportunité, a acheté le site pour la somme de 70 millions de FCFA. Ouédraogo, mis au courant de la situation, s’est vu proposer par la famille de Compaoré soit un autre terrain d’un hectare, soit le remboursement de la somme initiale, avec une compensation allant jusqu’à 7 millions de FCFA. L’affaire semblait ainsi réglée, d’autant plus que Ouédraogo a effectivement reçu les 7 millions de FCFA.

 

Cependant, quelques années plus tard, ce dernier est revenu porter plainte pour stellionat.

 

À la barre, le président du tribunal interroge Compaoré :
« Dites-nous ce qui s’est passé ? »
« J’ai vendu un hectare de terrain à Ouédraogo. Plus tard, une autre opportunité s’est présentée et la famille a vendu tout le site, y compris le terrain que j’avais cédé. Après explication, nous lui avons proposé un autre terrain, mais il n’était pas intéressé. Il m’a convoqué à la gendarmerie. Malgré mes deux mois passés en prison, je me suis engagé à lui rembourser 7 millions de FCFA au lieu des 1,5 million initiaux », explique le prévenu.

 

Interrogée à son tour, la victime confirme les faits.
« Effectivement, cela s’est passé ainsi », reconnaît Ouédraogo.

Le tribunal poursuit :
« Votre plainte porte sur quoi exactement ? »
« J’ai reçu mon argent, c’est vrai, mais après ma formation, j’ai constaté qu’il y avait un préjudice à mon égard », soutient-il.

« Avec l’argent reçu, avez-vous pu acheter un autre terrain ? »
« Oui, du côté de Yagma », répond-il.

Interrogé sur ses réclamations, Ouédraogo demande la somme de 5 millions de FCFA pour le préjudice subi.
« Justifiez-nous ce préjudice. Le prévenu vous a remboursé 1,5 million et vous a ajouté 5,5 millions », relève le juge.
« Je voulais le terrain initial », répond simplement la victime.

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits de stellionat sont constitués :
« Le prévenu n’a pas contesté les faits. Il a reconnu avoir revendu un terrain déjà cédé, ce qui caractérise l’infraction. Qu’il vous plaise de le condamner à 12 mois de prison avec sursis et à une amende ferme de 1 000 000 de FCFA », requiert le procureur.

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense plaide la bonne foi de son client :
« Mon client a remboursé 7 millions de FCFA au lieu de 1,5 million. La partie civile réclame encore 5 millions sans justifier un quelconque préjudice. Je vous prie de la débouter », soutient-il.

 

Dans son verdict, le tribunal déclare Compaoré coupable des faits de stellionat et le condamne à six mois de prison  et à une amende  de 500 000 FCFA, le tout assorti du sursis. Il déclare en outre la constitution de la partie civile mal fondée.

 

Par Zaïre Sanffo | Zoodomail.com

 

Les trois dernières publications