
« Le croyant adore Dieu et est utile à son prochain. » Cette phrase simple, mais profonde de l’Imam Alidou Ilboudo, publiée le mardi 20 mai 2025 sur sa page facebook, résonne comme un cri du cœur. Un appel sincère à un retour à l’essence de la foi, dans un contexte national marqué par la montée des discours religieux hostiles et clivants.
Au Burkina Faso, terre de tolérance et de dialogue interreligieux, il est triste et alarmant de constater l'effritement progressif de ce vivre-ensemble, miné par des querelles publiques autour des croyances, des pratiques cultuelles et des dogmes. Les réseaux sociaux sont devenus des arènes d’invectives où l'on s’attaque, s’insulte et se discrédite au nom de la religion.
Ce spectacle affligeant, largement visible, laisse pourtant place à un silence préoccupant de la part de nombreuses autorités morales et administratives. Où sont passées les voix de la raison et de la médiation ? Où est l’engagement pour préserver l’harmonie nationale ?
Et que dire du Comité d’Écoute du Discours Islamique (CEDI) ? Mis en place par la FAIB en octobre 2024, ce comité avait pour mission claire de surveiller les prêches, de déceler les dérives, et de proposer des sanctions disciplinaires. Presqu’un an après, face à l’ampleur des dérapages actuels, force est de s’interroger : le comité joue-t-il pleinement son rôle ? Pourquoi ce silence prolongé alors que la tension monte ?
L'opinion publique, elle, observe. Elle espère. Elle juge. Car l'enjeu est immense : il s'agit non seulement de restaurer la dignité du discours religieux, mais surtout de préserver la cohésion sociale, mise à mal par des querelles doctrinales stériles.
Il est donc temps, il est urgent, que chaque croyant, chaque guide religieux, chaque acteur de la société fasse une introspection honnête : est-ce que ma foi m’élève et élève ma communauté ? Est-ce que mes paroles sont source d’apaisement ou de division ? Est-ce que je sers Dieu en rabaissant mon frère ?
L’Imam Alidou a eu le courage de poser les mots justes. Que ses paroles éveillent les consciences et rappellent à tous cette vérité essentielle : une religion bien comprise n’est jamais un vecteur de haine, mais une école de sagesse, de service et de paix.
Ensemble, exigeons un discours de foi apaisé, responsable, et tourné vers le bien commun. Car c’est à ce prix que le Burkina Faso pourra continuer à incarner ce qu’il a toujours été : un pays de paix, de dialogue et de fraternité.
Par Yamyélé|Zoodomail.com
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