Le mercredi 31 décembre 2025, Traoré a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour répondre des faits de violences familiales et de menaces de mort au préjudice de Dame Compaoré, son épouse.
Les deux conjoints vivent en couple depuis plusieurs années. Selon les débats à l’audience, les difficultés conjugales seraient apparues après le licenciement de Traoré en 2022. Infidélité présumée, disputes récurrentes et tensions auraient progressivement détérioré le climat familial, jusqu’à la survenance des faits dénoncés en septembre 2025, conduisant Dame Compaoré à porter plainte.
Traoré reconnaît des violences, mais conteste les menaces de mort
À la barre, interrogé par le tribunal sur les faits, Traoré reconnaît partiellement les violences.
« C’est lors d’une dispute que je me suis emporté et je lui ai asséné des coups », admet-il.
Le tribunal insiste : « Et vous l’avez menacée de mort ? »
Le prévenu nie : « Je ne reconnais pas avoir dit que j’allais la tuer. Je ne lui ai jamais porté la main devant les enfants. »
Le ministère public poursuit l’interrogatoire :
— Buvez-vous de l’alcool ou fumez-vous ?
— Je ne bois pas et je ne fume pas, répond Traoré.
— Vous devez de l’argent à votre épouse ?
— Oui, j’ai reçu 700 000 FCFA que je n’ai pas pu rembourser après mon licenciement en 2022.
Sur son état psychologique après cette perte d’emploi, Traoré affirme ne pas avoir été affecté mentalement et soutient qu’il s’entendait bien avec sa femme. Concernant les violences, il reconnaît avoir porté la main sur elle en septembre 2025, évoquant la découverte d’une infidélité :
« Je regrette profondément mon acte. »
La victime retrace une succession de violences depuis 2024
À son tour, Dame Compaoré livre sa version des faits. Elle explique que la première altercation remonte à avril 2024, période durant laquelle elle s’était réfugiée chez ses parents. À son retour pour réclamer l’argent prêté à son époux, celui-ci l’aurait frappée. Elle ajoute qu’en septembre 2025, lors d’une réunion de réconciliation, Traoré lui aurait donné un coup de tête. Elle soutient également que, le même mois, lors de l’anniversaire de leur enfant, son époux aurait proféré des menaces de mort à son encontre.
Réagissant aux déclarations de la victime, Traoré se contente d’indiquer :
« Pendant notre concubinage, je lui ai demandé ce qu’elle penserait si elle me trompait après notre mariage. »
Au titre des réclamations civiles, Dame Compaoré sollicite la somme d’un million (1 000 000) de FCFA pour réparation du préjudice moral et matériel subi.
Relaxé pour menaces, condamné pour violences familiales avec sursis
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits de menaces de mort ne sont pas constitués et requiert la relaxe du prévenu de ce chef. En revanche, il demande que Traoré soit reconnu coupable de violences familiales et condamné à un an de prison et une amende de 300 000 FCFA, le tout assorti du sursis.
Pour la défense, l’avocat soutient que l’infraction de menaces de mort n’est pas établie et que les propos reprochés n’ont jamais mis la victime en danger. Concernant les violences familiales, il plaide la clémence du tribunal, invoquant les regrets sincères du prévenu et sollicitant une décision favorable à la préservation de la cellule familiale.
Dans son dernier mot, Traoré présente ses excuses :
« Je présente mes sincères excuses à mon épouse et à nos familles respectives. »
Dans son verdict, le tribunal relaxe Traoré des faits de menaces de mort, le déclare coupable de violences familiales et le condamne à trois mois de prison et une amende de 300 000 FCFA, le tout assorti du sursis.
Le tribunal reçoit la constitution de partie civile partiellement fondée et condamne Traoré à verser la somme de 100 000 FCFA à Dame Compaoré à titre de dommages et intérêts, déboutant le surplus des réclamations.
Par Zaire Sanffo|Zoodomail.com
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