La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga II a condamné Yannick Bougouma, âgé de 26 ans, à 25 ans de réclusion criminelle pour assassinat et vol aggravé. Le verdict est tombé dans la soirée du vendredi 13 mars 2026, à l’issue du procès relatif à l’assassinat de l’ex-ministre des Transports et ancienne gouverneure, Viviane Yolande Compaoré.
Reconnu coupable des faits, l’accusé a été immédiatement placé sous mandat de dépôt. La justice lui reprochait d’avoir assassiné Viviane Compaoré le 10 janvier 2026 à son domicile.
Une expertise psychiatrique évoque un délire de persécution
À l’ouverture des débats, le tribunal a dévoilé les résultats de l’expertise psychiatrique demandée par la défense. L’expert a expliqué avoir examiné l’accusé le 2 mars dernier.
Selon lui, Yannick Bougouma souffrirait d’un délire de persécution. « Si vous lui demandez s’il peut se défendre, il va vous relater son délire de persécution », a-t-il indiqué à la barre. L’expert a également estimé que l’accusé ne semble pas conscient de sa maladie et pourrait nécessiter une prise en charge médicale spécialisée.
Des déclarations confuses avant des aveux
Appelé à la barre, l’accusé a d’abord livré des propos jugés ambigus par le tribunal. Interrogé sur les faits du 10 janvier 2026, il a déclaré ne plus se souvenir clairement des événements, tout en demandant pardon.
« Un être humain ne doit pas ôter la vie. Je demande pardon. Je l’aimais d’un grand amour », a-t-il affirmé.
Mais sous les questions insistantes des juges, il a fini par reconnaître son intention criminelle. « Ce jour-là, je suis parti avec l’intention de la tuer. Je suis entré chez elle. Elle était dans sa chambre et, dans la douche, j’ai vu deux couteaux. C’est avec ça que j’ai pu l’achever », a-t-il confié.
Des témoignages poignants
Plusieurs témoins ont été entendus au cours de l’audience, notamment la belle-fille et le neveu de la victime, la dame de ménage ainsi que le père de l’accusé.
La belle-fille de Viviane Compaoré a raconté les circonstances de la découverte du drame. Ce jour-là, après avoir récupéré les enfants à l’école, elle s’était rendue au domicile de la victime pour lui rendre visite.
« Les enfants ont couru vers la chambre pour saluer leur grand-mère et ils ont vu le drame. Ils m’ont appelée. En entrant, j’ai d’abord pensé qu’elle s’était cognée la tête contre quelque chose avant que le voisinage ne m’apprenne qu’elle avait été assassinée », a-t-elle témoigné.
La partie civile demande un franc symbolique
Lors des plaidoiries, l’avocat de la partie civile a déploré l’attitude de l’accusé à l’audience, estimant qu’il ne semblait pas mesurer la gravité des faits.
Les ayants droit de la victime ont néanmoins réclamé un franc symbolique au titre des dommages et intérêts, tout en s’en remettant à la justice pour la manifestation de la vérité.
Verdict : 25 ans de réclusion criminelle
Après délibération, la Chambre criminelle a déclaré Yannick Bougouma coupable d’assassinat et de vol aggravé. Il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle.
Le tribunal a également reconnu la constitution de partie civile des ayants droit de la victime, ordonné la restitution de certains biens saisis et la destruction d’autres objets liés au dossier. L’accusé a en outre été condamné aux dépens.
Yannick Bougouma dispose désormais d’un délai de 10 jours pour faire appel de cette décision.
Photo : DCRP/Justice
Par I.Cissé|Zoodomail.com
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