Devant le Tribunal | Il entretenait une relation avec son élève : 7 ans dont 5 ferme pour viol aggravé

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Devant le Tribunal

Le lundi 30 mars 2026, Kaboré, enseignant, marié et père de trois enfants, a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de viol aggravé et de tentative d’avortement au préjudice de son élève en classe de CM, Agui.

 

Selon les faits, Agui, 11 ans, élève dans la classe de Kaboré dans une localité située non loin de la capitale, a entretenu une relation avec son enseignant à partir de novembre 2024. De cette relation est née une grossesse. À la découverte de celle-ci, les parents de la jeune fille l’ont expulsée du domicile familial. Informé de la situation, l’enseignant a tenté de trouver une solution en contactant, via les réseaux sociaux, un service d’avortement. C’est dans ce cadre qu’il a été interpellé par la police avant d’être placé à la MACO en février 2026.

 

À la barre, le prévenu a reconnu les faits. « Je reconnais les faits. Je regrette ce qui s’est passé. En tant qu’éducateur, je n’aurais pas dû. Notre relation a commencé en 2024. On conversait au téléphone et c’est arrivé. Je me protégeais, sauf une fois où je ne me suis pas protégé. Je regrette », a-t-il déclaré.

 

Interrogé par le procureur sur son attitude, celui-ci lui a lancé : « À cet âge, accepteriez-vous de donner votre propre fille en mariage ? » « Non », a répondu Kaboré.

 

À son tour, la victime a expliqué : « Je partais volontairement chez lui. On s’écrivait au téléphone et c’est arrivé. Je suis enceinte et mes parents m’ont chassée de la cour. » À la question de savoir si elle avait été forcée, elle a répondu par la négative. Elle a également précisé avoir acquis elle-même son téléphone.

 

Lors des débats, l’avocat de la défense a interrogé le représentant de la famille de la victime sur une éventuelle démarche de pardon. Celui-ci a indiqué : « Au départ, ce n’était pas facile. Mais nous nous sommes compris. Il n’y a plus de problème. » La famille a d’ailleurs déclaré ne formuler aucune réclamation et a sollicité la libération de l’enseignant.

 

Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les faits étaient graves. « Kaboré, enseignant, a entretenu des rapports sexuels avec une mineure placée sous son autorité. Il a abusé de sa position et terni l’image de l’institution scolaire. Les faits de viol aggravé sont caractérisés, tout comme la tentative d’avortement », a soutenu le procureur. Il a requis une peine de 11 ans de prison ferme, une amende de 1 million de FCFA ferme, ainsi qu’une interdiction d’enseigner pendant 5 ans.

 

Pour sa part, l’avocat de la défense a plaidé la clémence du tribunal, mettant en avant le pardon de la famille, le statut de père de trois enfants de l’accusé et son absence d’antécédents judiciaires. « Il a tiré des leçons de sa détention à la MACO. C’est un délinquant primaire », a-t-il insisté.

 

Dans son dernier mot, Kaboré a exprimé des regrets : « Je regrette beaucoup ce qui s’est passé. »

 

Dans son verdict, la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a relaxé l’accusé des faits de tentative d’avortement. En revanche, elle l’a déclaré coupable de viol aggravé et l’a condamné à 7 ans de prison, dont 5 ans ferme, assortis d’une amende ferme de 1 million de FCFA.

 

Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com

 

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