Le jeudi 12 mars 2026, Dame L a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour répondre des faits d'abus de confiance portant sur un montant de près de 8 millions FCFA au préjudice de la Mutualité Femmes et Développement du Burkina Faso (MUFED-BF).
Les faits remontent à l'année 2025. À la faveur de la mise en place d'un nouveau système de gestion au sein de la structure de microfinance, l'administration a constaté un important déficit dans la caisse. Les vérifications effectuées ont révélé une perte de 7 973 700 FCFA.
Les soupçons se sont rapidement portés sur Dame L, caissière de la structure. Une plainte a été déposée contre elle et elle a par la suite été placée sous mandat de dépôt.
Un système de contrôle révèle un déficit de près de 8 millions FCFA
À la barre, le président du tribunal lui demande ce qui l'amène devant la juridiction.
« J'étais en possession de ces fonds parce que j'étais la caissière de la MUFED », répond-elle.
« À ce jour, combien devez-vous à la MUFED ? », poursuit le tribunal.
« Je ne saurais pas donner le montant exact que j'ai retiré pour mes besoins personnels », déclare la prévenue.
Interrogée sur la période à laquelle les retraits frauduleux ont débuté, Dame L répond :
« J'ai commencé à retirer frauduleusement l'argent en 2022. »
Le président invite ensuite le représentant de la MUFED-BF à s'expliquer sur la découverte des irrégularités.
« C'est grâce au nouveau système mis en place que nous avons pu déterminer le montant exact des sommes détournées », explique-t-il.
Le procureur prend alors la parole :
« À qui appartenait cet argent ? »
« Il s'agissait des dépôts effectués par les clients, c'est-à-dire les membres de la MUFED », répond la prévenue.
« Qu'avez-vous fait de l'argent détourné ? »
« Je l'ai utilisé pour des besoins personnels », reconnaît-elle.
Concernant les réclamations de la partie civile, le représentant de la MUFED-BF sollicite le remboursement intégral de la somme détournée, soit 7 973 700 FCFA.
« Elle a confondu la caisse avec son sac à main », estime le procureur
Dans ses réquisitions, le procureur estime que les faits sont suffisamment établis.
« Dame L est poursuivie pour abus de confiance. Chargée de recevoir les dépôts des membres de la MUFED-BF, elle a malheureusement confondu la caisse de l'institution avec son sac à main. Il n'existe aucun doute sur sa culpabilité. Je demande au tribunal de la déclarer coupable et de la condamner à une peine de 24 mois d'emprisonnement dont six mois ferme, ainsi qu'à une amende ferme d'un million de FCFA », requiert-il.
Pour sa défense, l'avocat de la prévenue plaide la clémence du tribunal.
« Ma cliente est une délinquante primaire. Nous avons versé au dossier une pièce attestant de son état de santé. Nous estimons qu'en retrouvant la liberté, elle pourra travailler et rembourser progressivement la MUFED-BF. Nous sollicitons donc l'indulgence du tribunal », plaide-t-il.
Dans son délibéré, le Tribunal de grande instance de Ouaga I a déclaré Dame L coupable des faits d'abus de confiance qui lui sont reprochés. Il l'a condamnée à 12 mois d'emprisonnement ferme ainsi qu'à une amende ferme d'un million de FCFA.
Le tribunal a également déclaré recevable et bien fondée la constitution de partie civile de la MUFED-BF et a condamné Dame L à verser à l'institution la somme de 7 973 700 FCFA au titre du préjudice économique subi.
Image illustrative
Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com
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