Le jeudi 25 juin 2026, Bati a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits d’abus de confiance portant sur un montant de plus de 6 millions de FCFA au préjudice du promoteur d’un établissement scolaire. À la barre, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés.
Depuis quelques années, le promoteur de l’établissement avait mis en place un système de paiement des frais de scolarité. Les parents d’élèves étaient informés qu’ils devaient effectuer leurs versements dans une banque de la place sur le compte de l’école. Après le dépôt, chaque parent devait remettre le reçu bancaire à Bati, chargé d’enregistrer la régularité du paiement dans un registre.
Cependant, à la fin de l’année scolaire 2025-2026, le promoteur constate un nombre important d’impayés. Plusieurs parents accusés de ne pas avoir payé leurs frais de scolarité présentent pourtant des reçus remis par Bati, différents des reçus de versement bancaire.
Les soupçons se portent alors sur l’agent chargé de l’enregistrement des paiements. Mis en cause, Bati est interpellé puis déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) au début du mois de juin. Il comparaît ce jeudi devant le tribunal pour s’expliquer.
« Expliquez-nous ce qui s’est passé ? », lui demande le tribunal.
Bati répond : « J’ai été recruté comme agent au sein de l’établissement scolaire pour enregistrer les paiements effectués en banque par les parents d’élèves dans un registre. Je reconnais avoir détourné l’argent à des fins personnelles. »
Le tribunal lui demande alors le montant détourné.
« Environ 6 348 745 FCFA », répond-il.
À la question de savoir ce qu’il a fait de cet argent, Bati explique : « J’ai juste payé des habits, fréquenté des amis et fait des dépenses personnelles. »
Le procureur, revenant sur la situation personnelle du prévenu, lui fait remarquer : « Vous avez 39 ans, vous n’avez ni femme ni enfant. C’est la belle vie, la java. Vous avez causé des difficultés à l’établissement dans ses charges à cause de vous. On pourrait comprendre si on voyait un investissement quelconque du montant détourné. »
Selon la victime, les faits ont été découverts après plusieurs vérifications. « C’est exactement ce qui s’est passé quand on a constaté la perte. Il n’a jamais manqué son salaire. Il était même déclaré à la CNSS comme les autres employés de l’établissement. C’est grâce à un proche de la famille qu’il a été recruté à ce poste », explique le promoteur.
Le tribunal cherche à connaître le salaire mensuel de Bati.
« Environ 58 000 FCFA », répond la victime.
Le président du tribunal insiste : « Et vous pensez qu’il peut s’en sortir avec ce salaire ? »
Le promoteur répond : « Notre objectif est de recruter beaucoup d’élèves et de mieux les former. Lors du recrutement, nous lui avons demandé si le salaire lui convenait. S’il ne convenait pas, il pouvait partir. Il s’est engagé. Il y est depuis deux ans. »
Reconnaissance des faits, demande de pardon et condamnation
À la barre, Bati affirme être disposé à rembourser la somme détournée. Il explique qu’il compte travailler dans un maquis et verser 50 000 FCFA par mois afin de payer progressivement sa dette.
Au titre des réclamations, la partie civile demande le remboursement intégral de la somme de 6 348 745 FCFA.
Dans ses réquisitions, le procureur estime que l’infraction d’abus de confiance est entièrement constituée. « Il a reconnu les faits. Il a pris l’argent des parents d’élèves alors qu’il ne devait pas le faire. Les frais de scolarité sont versés dans un compte bancaire. L’argent qu’il a pris, il ne l’a pas versé en banque. Il a pris cet argent pour faire du n’importe quoi », a déclaré le ministère public.
Le procureur a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende de 1 million de FCFA ferme.
Dans son dernier mot, Bati demande la clémence du tribunal : « Je demande pardon. Je vais rembourser l’argent. J’ai vexé beaucoup de gens. Je demande votre clémence. »
Dans son délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a déclaré Bati coupable des faits d’abus de confiance qui lui sont reprochés. Il a été condamné à 18 mois de prison dont 6 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA dont 300 000 FCFA ferme.
Le tribunal a également reçu la constitution de partie civile de la victime comme étant fondée et a condamné Bati à payer la somme de 6 348 745 FCFA, avec une contrainte judiciaire de 9 mois.
Image illustrative
Par Reine Zongo| Zoodomail.com
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