Coup d’Etat déjoué du 3 janvier 2026: « Sakandé Madi m’a fait savoir de façon claire que c’est un projet de coup d’Etat », sergent Salfo Yalwéogo

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Salif

Précedement en poste à la garde républicaine, le sergent Salfo Yalwéogo fait partie des complices du coup d’Etat déjoué du 3 janvier 2026. Tout en reconnaissant sa part de responsabilité, il nous parle de son rôle dans la tentative de destabilisation.

«Je suis le sergent Yalwégo Salfo, matricule 12 190 463 en service à la Garde républicaine, plus précisément au Bataillon d’appui de protection des sites 2. Il y a de cela deux semaines environ, un numéro inconnu m’a appelé plusieurs fois, dont je n’ai pas décroché. C’est là, quelques minutes plus tard, mon oncle El hadj Ouimenga Ali, commerçant de profession, résidant à Zinaré m’a contacté pour me dire de décrocher le numéro, car c’est lui qui a donné mon numéro de m’appeler.

C’est son ami El hadj Sakandé Madi. Chose que j’ai pu faire. J’ai décroché l’appel. El hadj Sakandé Madi m’a fait savoir qu’il voulait me voir très urgemment, qu’on puisse voir à quelle heure. J’ai dit ok. Je vais vous communiquer. Mais trois jours plus tard, la connexion fut établie. Et ça a été au terrain de La perle à Ouaga 2000, côté est du terrain. Arrivé, il m’a salué et il a appelé un numéro et il m’a passé. Et la personne a commencé à me parler en ces termes. Ça va ? J’ai dit, ça va. Et à Ouagadougou ? j’ai dit, tout va bien. Il y a quelle nouvelle là-bas. J’ai dit, tout va bien. Tu sais c’est qui ?

J’ai dit, vraiment, je ne vois pas, c’est qui ? Ah bon ? Ok, c’est le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba au téléphone. J’ai dit, ah ok. Tous mes respects. Il dit, bon, après, on va causer avec toi. Et notre communication s’est arrêtée là-bas ce jour. Deux à trois jours plus tard, El hadj Sakandé Madi m’a recontacté, que le lieutenant-colonel Paul-Henri
Sandaogo souhaite me parler. Mais que je peux passer tout de suite. J’ai dit, vous êtes à quel niveau ? Il m’a donné son point de ralliement qui était à son bureau. J’ai été, et il a appelé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo et me passer. C’est là, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo m’a fait savoir qu’il est soldat comme moi. Et il sait que c’est pas simple. Il m’a dit, tu ne demandes pas, mais j’ai une commission pour toi.

Que la commission sera disponible, soit demain ou après-demain avec El hadj Sakandé Madi et que je pourrai passer récupérer. Chose que je l’ai remercié pour l’acte qu’il venait de faire. Et il a précisé également qu’El hadj Sakandé Madi va me préciser des choses. Après notre échange, il a coupé. C’est là que Sakandé Madi m’a fait savoir de façon claire que c’est un projet de coup d’Etat. Mais, qu’ils attendent de moi de mobiliser des hommes pour la réussite du coup d’Etat. Chose que j’ai acquiescé sans rien dire. Et on s’est quitté sur ça. Le deuxième jour que je devais récupérer mon colis, j’ai appelé El hadj Sakandé Madi. Il m’a fait savoir qu’il est en déplacement.

Et dès qu’il rentre, c’est là qu’on est resté, comme ça. Et à son retour de son déplacement, c’est l’oncle, Ouimenga Ali, commerçant et de profession résidant à Ziniaré qui m’a contacté de rentrer en contact avec El hadj Sakandé Madi, qu’il est de retour pour prendre ma commission. Je tiens à préciser que lorsque j’ai eu les détails clairs du rôle que je dois jouer, qui est un projet de déstabilisation, je me suis mis à me mettre en contact avec mes hommes que j’ai plus confiance. Et en ce moment, pendant l’absence de El hadj Sakandé Madi hors pays, j’ai travaillé. Et je tiens à préciser que j’étais chef de piquet à la garde républicaine le 31 décembre.

Le 31 décembre soir, rendez-vous a été pris entre El hadj Sakandé et moi, à 20h, à Paglayiri, à son bureau pour récupérer un colis. En partant, pour récupérer le colis, j’ai été avec mon véhicule, avec deux PKMS et des munitions, quatre caissettes de munitions. Une fois sur les lieux, je devrais communiquer avec le lieutenant-colonel Paul-Henry Sandaogo Damiba afin de rentrer en possession de mon colis et prendre les horaires de la rencontre. C’est quand j’attendais l’appel que j’ai été arrêté avec El hadj Sakandé Madi, à Paglayiri, aux environs de 22h. Je présente mes sincères regrets à Son Excellence, chef suprême des armées, président du Faso, le peuple résilient du Burkina Faso.

Je présente mes sincères regrets à ma hiérarchie et à la hiérarchie militaire. Je présente également mes sincères regrets à toutes les forces composantes de notre mère-patrie. Je demande clémence et je tiens également à demander pardon à toutes les unités engagées sur le théâtre d’opération, jour et nuit, malgré les intempéries, malgré l’adversité, malgré que les combats sont âpres. Je demande clémence. Que Dieu aide le Burkina Faso. Le Burkina Faso reste seul, unique et indivisible. Aucun mal intérieur ou extérieur ne pourra diviser notre cher pays qui est le Burkina Faso. Nous n’avons qu’un seul pays, le Burkina Faso. Et, nous allons nous mettre autour de cet tissu afin qu’aucun mal ne puisse l’arriver ».

Propos retranscris par
la Rédaction Sidwaya

 

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