Le samedi 07 février 2026, l’Institut d’Accompagnement des Carrières Diplomatiques et Internationales (IACDI), sis à Saaba, Commune rurale du Grand Ouaga, a procédé à la cérémonie officielle de sortie de deux promotions issues respectivement de la Certification de Capacités en Diplomatie Sécuritaire (CC-DSE) et de la Certification de Capacités en Diplomatie Culturelle (CC-DCU).
Placée sous le signe de la synergie entre la force et l’esprit, cette cérémonie a consacré la reconnaissance des acquis de cadres civils et militaires ayant suivi ces parcours de renforcement de capacités en ligne et en présentiel sur une durée trois mois. Les impétrants sont originaires du Burkina Faso, du Mali et du Tchad. La remise des certificats illustre une étape significative dans la consolidation d’une approche burkinabè intégrée de gestion des crises, fondée à la fois sur les impératifs de sécurité, les leviers culturels et les mécanismes de dialogue stratégique.
Dans un contexte sahélien marqué par des mutations géopolitiques profondes et des défis sécuritaires multiformes, l’excellence dans la formation continue s’érige désormais en rempart. Le samedi 7 février, l’IACDI a célébré l’aboutissement de douze semaines de formation intensive. Cette cérémonie, placée sous le parrainage du Colonel Kouagri Natama, Chef d’État-Major de la Gendarmerie Nationale, et le coparrainage du Dr Vincent Sedego, Secrétaire Général de la Commission Nationale Burkinabè pour l’UNESCO, a réaffirmé la conviction que la paix durable ne peut naître qu’à travers l’alliance entre l’intelligence stratégique et la profondeur culturelle.
L’Analyse stratégique : anticiper pour ne pas subir
Le ton de la journée a été donné par une conférence inaugurale de haute volée animée par le Colonel-Major Adam Néré du Centre National d’Etudes Stratégiques du Burkina Faso. Traitant du thème « Analyse stratégique des intérêts nationaux face aux enjeux sécuritaires », l’officier supérieur a livré un plaidoyer pour une approche pluridisciplinaire de la sécurité.
Pour le conférencier, l’urgence du moment impose de dépasser les schémas classiques. « Je suis prêt à tout imprévu qui ne pourra se produire », a-t-il lancé, citant une maxime appelant à une anticipation absolue. Le Colonel-Major Néré a exhorté les futurs décideurs à désactiver les « paix de façade », ces accalmies précaires qui cachent des tensions non résolues, pour construire une paix structurelle. Il a notamment insisté sur l’intégration de la diaspora, la lutte contre les antagonismes ethniques et religieux et l’appropriation de la Politique de Sécurité Nationale par chaque citoyen pour consolider l’unité du pays.
Cette vision a été corroborée par le partage d'expérience de l’association « Arts en Intersection » à travers le témoignage de Monsieur Toudeba BOBELLÉ, qui a démontré, à travers le théâtre et le conte, comment la culture agit comme une force de médiation souterraine mais puissante pour la cohésion sociale.
Le « Smart Power » : quand la sécurité rencontre la culture
Lors de son allocution, le Directeur Général de l’IACDI, Zakaria OUEDRAOGO, a souligné la rigueur des programmes lancés en novembre 2025. Pour lui, dans un monde d'instabilité stratégique, la diplomatie ne peut plus souffrir d'approximations.

« La sécurité sans culture devient coercition. La culture sans sécurité devient vulnérabilité. C’est dans leur articulation intelligente que se construit une diplomatie souveraine », a-t-il déclaré. Cette complémentarité, souvent théorisée sous le concept de Smart Power (puissance intelligente), a été le fil conducteur des formations.
Des résultats qui témoignent d’une exigence de qualité
L'excellence n'était pas un vain mot durant ce cycle. Le comité scientifique, présidé par Dr Poussi Sawadogo, a rendu des résultats qui témoignent de la rigueur des critères d’évaluation. Il faut un minimum 12/20 points par module pour l’admission au certificat.
En diplomatie culturelle, sur 8 inscrits, 6 ont été admis. En diplomatie sécuritaire, on dénombre 29 certifiés sur 34 participants.
Ces chiffres illustrent la volonté de l’IACDI de ne délivrer des parchemins qu’à ceux capables de porter réellement le fardeau de la responsabilité nationale et internationale.
La voix des impétrants : engagement et éthique

Porte-parole de la promotion en Diplomatie Sécuritaire, le Lieutenant Aïda Drabo a exprimé la transformation opérée durant ces trois mois. « Le diplomate sécuritaire est à la fois stratège et médiateur », a-t-elle souligné, précisant que la formation leur a légué une éthique : celle de penser la sécurité avec humanité.
De son côté, Monsieur Abdoulaye Kagambèga, représentant les certifiés en Diplomatie Culturelle, a positionné ses pairs comme les « bâtisseurs de ponts » nécessaires pour projeter une image forte et innovante de leur pays (Burkina Faso, Mali, Tchad) à l’international, affirmant ainsi un soft power africain décomplexé.
Un message d'espoir et de responsabilité
Le Dr Vincent Sedego, co-parrain, a rappelé la mission fondamentale de l'UNESCO qui soutient que « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix ». En encourageant les impétrants, il a réaffirmé que la culture est un outil de médiation stratégique et non un simple ornement.

Le représentant du parrain, le Lieutenant-Colonel Kabré Clément, a conclu en affirmant qu’au-delà de la force brute, il faut de la légitimité et de la capacité d’analyse fine des dynamiques internationales au travers de la diplomatie et de la culture pour vaincre l’insécurité.

La cérémonie s'est achevée par une remise symbolique de certificats et une photo de famille, immortalisant ce moment où des hommes et des femmes de devoir ont choisi de s'armer de connaissances pour mieux servir la nation.
Par Hermann Guingané|Zoodomail.com
- Log in to post comments
